12 juin 2006

Domaine de la Romanée Conti


Avant de visiter la cave, nous nous sommes imprégnés de ce lieu mythique où tous les éléments semblent immobiles. La Grande Rue est sous la neige, un cheval laboure la parcelle de la Romanée cultivée par le domaine Liger Belair et des hommes taillent la célèbre parcelle de la Romanée Conti.
Dans quelques instants, nous allons franchir, pour la première fois, les grilles du domaine et réaliser la dégustation qui marquera nos esprits et nos palais à jamais.
Accueillis dans la propriété de la Golliote par Bernard Noblet (maître de chais), nous avons dégusté les grands vins suivants :
Nous avons commencé par une dégustation du millésime 2004 sur le fût. Toutes les fermentations alcooliques sont terminées, les fermentations malolactiques sont en cours à des stades différents d’évolution selon les parcelles.
Echezeaux 2004 : nez floral, épicé et d’une grande finesse, notes d’amande (lié certainement à la fermentation). D’une grande précision dans la finesse, bouche tendue et concentrée.
Grand Echezeaux 2004 : malgré une légère réduction, le nez est sur le framboise et développe des notes nobles de roses et de violettes. La texture est serrée et douce. Vin d’une grande élégance qui se goûte beaucoup mieux que l’Echezeaux
Romanée Saint Vivant 2004 : vin plus difficile à juger, on est sur le vin où la « malo » est la moins avancée (20 %). C’est la première fois et la seule fois de la dégustation que l’on sentira des arômes liés à l’élevage 100% bois neuf. Le nez reste très précis avec des touches de cerise, de poire à l’eau de vie et toujours des arômes amandés.
Richebourg 2004 : on rentre dans une autre dimension, avec une structure plus ample et un nez merveilleux et riche. En effet, son nez libère des senteurs de griotte, d’épices orientales et de murs. A l’aération le vin est marqué par des notes fines de fruits rouges. La bouche est dense avec une texture fabuleuse marquée par une grande acidité.
La tâche 2004 : tout de suite on ressent une vibration en plus. La bouche est plus profonde dans un équilibre superbe. Ce vin exhale des senteurs riche sur la cerise, les fruits noirs et la mûr.
La Romanée Conti 2004 : un vin sphérique, une grande puissance agrémentée de douceur. Plus léger en couleur que les crus précédents.
Romanée Saint Vivant 2001 : sous une robe rubis pourpre et brillante, le nez complexe dévoile des notes d’humus, de sous-bois, de terre et de rose. A l’agitation des arômes épicés (orientaux), des notes légères de cuir et encrées (rappelle les grands Hermitage). Vin aérien, dense en bouche, d’un raffinement et d’un équilibre fabuleux. 17,5/20
Romanée Saint Vivant 1990 : le nez présente des arômes tertiaires, de notes giboyeuses et de truffe noire. Le coté solaire du millésime se ressent avec ses notes en bouche de prune, de minéral et d’épices. Le vin reste d’une grande finesse et d’une concentration extraordinaires. 17,5/20
Grand Echezeaux 1984 : le vin est d’une apparente fragilité sur des notes de gibiers à plume et de cuir. C’est en faite un vin tout en élégance et en discrétion. En bouche malgré une légère dilution, le vin se montre d’une belle longueur. Avec ce vin on quitte la matière pour rentrer dans l’esprit. Millésime difficile qui est a superbement vieilli. 16/20
Romanée Conti 1975 : la robe est tuilée (léger disque orangé). Le nez développe des arômes de roses (mais un peu fanées) et de truffe. Le deuxième nez déploie des arômes doux de caramel (notes perçues également avec la finale un peu salée). La bouche est franche, assez séduisante mais la finale est malheureusement asséchante (sel). Vin dans la finesse et la légèreté ou les grandes difficultés du millésime trahissent aujourd’hui. 14/20 (on va dire que je suis sévère !!!)
Richebourg 1957 : le nez évoque une matinée de chasse automnale (humus/ sous-bois) avec un panier de cèpes à la main. Marqué tout d’abord par une légère réduction (petite note de dioxyde de carbone), le vin se dévoile ensuite sur la des notes de cannelles et de viande rôtie. Belle bouteille, la bouche est certes légère mais franche, droite et sans défaut. 16/20
Batard-Montrachet 2001 : le nez s’ouvre peu à peu sur des notes typiques de pain grillé de noisettes, de fruits secs et des touches légèrement vanillées. La bouche est fraîche, léger coté minéral. Egalement, on ressent des notes d’exotismes et de citron en fin de bouche. Cependant, le vin est dans sa phase ingrate ou tous les éléments semblent dissociés (on ne sent pas le terroir et la finesse). 13/20
Montrachet 1974 : nez oxydé, miel. Type vin jaune. Non Noté
Montrachet 1977 : Le vin présente un coté patiné, vieil or mais à conserver une fraîcheur étonnante. Le nez évoque le minéral marqué par la pierre et le coing (millésime botrytisé). Très beau flacon. 17,5/20

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